| | Amy KOITA est née à Djoliba à la veille des indépendances africaines, au début des années cinquante, à 40 kilomètres de Bamako, dans le mandé profond, au bord du fleuve Niger et à quelques heures de marche de la Guinée. Sa mère vient de Kirina, haut lieu de la célèbre bataille de Soundiata Keita au treizième siècle. De ses pures origines Mandingues, elle est fière. Elle perd son père dès l’âge de 3 ans. Ce dernier, Bengaly Fodé Koita, traditionaliste de la ligne pure et dure, est encore très connu au Mali pour son apport dans l’historique des faits de conquêtes aussi bien des rois et empereurs du Mandé tel que Soundiata Keita, que des différentes batailles coloniales menées par des chefs de guerre comme Samory Touré, empereur du Wassoulou, Babemba roi de Sikasso, Tiramagan Traoré, Fakoly Doumbia, El Hadj Oumar Tall etc. |
Wa Kamissoko, le frère aîné de sa mère, historien à la renommée internationale pour avoir écrit deux ouvrages sur l’histoire du Manding. Ses propos ont été recueillis par Youssouf Tata Cissé, et publiés sous le titre « Les Grandes Gestes du Mali ».
Cet ouvrage sert de référence à d’éminents professeurs d’histoire en Afrique et dans le monde.
Wa Kamissoko sera celui qui pendant 20 ans s’occupera de peaufiner son éducation
Amy est issue d’une famille de griots de part son père et sa mère. Son père par fidélité à la mémoire du vieux chef de Djoliba fit le vœux de ne plus faire de louanges après la mort de ce dernier. Elle fit donc son apprentissage auprès de :
- sa mère pour les chants et les fluctuations vocales importantes pour les griots.
- sa grand mère pour le comportement, la sensibilité, le respect de la tradition.
- enfin son oncle Wa Kamissoko, pour la connaissance de l’histoire vraie, sans déformation, en parfaite harmonie avec la musique.
Elle suit sa mère dans toutes ses prestations. Elle apprend ainsi la technique vocale et les règles de conduite d’une femme d’honneur. A 12 ans elle est déjà une Star convoitée dans les fêtes d’enfants.
Amy est révélée en 1966, à l’occasion d’un concours de chant organisé au Mali afin de recruter les meilleures voix et connaissances de l’histoire pour l’Ensemble Instrumental de Mali. C’est le début d’une carrière fulgurante et toujours confirmée.
A 17 ans, elle intègre le très célèbre et glorieux Ensemble Instrumental National du Mali, avec lequel elle fait de grandes tournées et découvre les plus grandes scènes du monde. Elle fera aussi, au sein de cet ensemble, son premier enregistrement en studio à Radio Mali.
En 1977, au festival des Arts Nègres à Lagos (Nigeria), elle se fait remarquer aux cotés des grandes voix d’Afrique, entre autre celle de Kouyaté Sory Kandia de Guinée, ce qui la pousse, dès son retour au Mali, à quitter l’Ensemble Instrumental National du Mali pour une carrière solo.
En 1978, elle sort sur le marché sa première cassette. Jusque là les griots se contentaient de se produire uniquement pour des commanditaires privés. Elle fait donc partie des artistes qui ont les premiers renversés cette tendance.
Aujourd’hui Amy est à sa 12 ème production, dont 4 éditées par MELODIE et 1 par SONODISC.
Outre sa voix mélodieuse jusqu'à la stridence, son extraordinaire transmission de l’histoire, Amy est également admirée pour la qualité de ses compositions. Elle puisse son inspiration dans la tradition qu’elle enrichit au contact de la modernité.
« Lorsque j’ai tenté l’orchestration moderne par des apports de sons nouveaux, j’ai craint de perdre mes fans les plus âgés, mais, ils ont été les premiers à m’encourager » dit elle.
En fait, cette modernisation très limitée n’altère en rien l’ample et tranquille balancement mandingue sur lequel la voix d’Amy explose, cascade et retombe dans la plus pure tradition de clarté et de liberté.